Combien de cryptomonnaies faut-il avoir dans son portefeuille ?

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L’une des questions les plus fréquentes que se posent les investisseurs, qu’ils soient néophytes ou chevronnés, est celle de la taille idéale de leur panier d’actifs. Trop peu de lignes, et vous vous exposez à une volatilité extrême. Trop de lignes, et vous risquez de diluer vos gains au point de ne plus surperformer le marché.

Pour naviguer avec succès dans cet écosystème complexe et rester informé des meilleures opportunités, il est essentiel de s’appuyer sur des sources d’information de premier plan comme Crypto Actualités, qui décrypte quotidiennement les tendances de fond de la blockchain.

Trouver le « chiffre magique » n’est pas une mince affaire, car il dépend étroitement de votre profil de risque, de votre temps disponible et de vos objectifs financiers. Dans cet article, nous allons explorer les différentes stratégies pour déterminer combien d’actifs numériques vous devriez réellement détenir.


En résumé

La gestion d’un portefeuille crypto ne se résume pas à un chiffre fixe, mais à une capacité de suivi. Voici les points clés à retenir :

  • Le chiffre idéal : Pour la majorité des investisseurs particuliers, détenir entre 5 et 12 cryptomonnaies est considéré comme le « sweet spot » (le juste milieu).
  • La règle d’or : Ne possédez jamais plus d’actifs que vous n’êtes capable de suivre hebdomadairement (actualités, mises à jour techniques, gouvernance).
  • La structure : Un portefeuille solide repose généralement sur une base de Bitcoin (BTC) et Ethereum (ETH) représentant 50 % à 80 % de la valeur totale.
  • Le piège à éviter : La « diworsification » (sur-diversification), qui consiste à acheter des dizaines de jetons par peur de rater le prochain « moonshot », ce qui finit souvent par nuire à la performance globale.

1. Mon anecdote personnelle : Le piège de la « collection » de jetons

Je me souviens particulièrement de mon expérience lors du cycle haussier de 2017-2018. À l’époque, grisé par l’euphorie ambiante, j’avais fini par détenir plus de 45 cryptomonnaies différentes. Mon portefeuille ressemblait plus à une collection de timbres qu’à une stratégie d’investissement sérieuse.

Chaque matin, je passais des heures à vérifier des graphiques, à lire des dizaines de canaux Telegram et à essayer de comprendre pourquoi tel ou tel « shitcoin » dévissait alors que le reste du marché montait. Le résultat ? Une fatigue mentale immense et, surtout, une performance médiocre. J’avais tellement dilué mon capital que même lorsqu’un de mes jetons faisait un impressionnant x10, son poids dans mon portefeuille était si faible (moins de 1 %) que l’impact sur mon patrimoine global était dérisoire.

J’ai fini par tout nettoyer pour ne garder que 8 projets solides. Non seulement mon stress a disparu, mais mes rendements ont décollé car j’étais enfin capable de prendre des décisions éclairées sur des actifs que je comprenais vraiment.


2. Diversification vs Concentration : Le dilemme de l’investisseur

La stratégie de concentration (Portefeuille resserré)

Certains investisseurs célèbres, à l’instar de Warren Buffett dans la finance traditionnelle, prônent la concentration. Dans le monde crypto, cela signifie détenir entre 2 et 5 actifs.

  • Avantages : Si vous avez fait vos recherches et que vos choix sont les bons, vos gains seront massifs. Vous connaissez vos projets par cœur.
  • Inconvénients : Le risque de ruine est plus élevé. Si l’un de vos projets subit un piratage ou une défaillance réglementaire, une part énorme de votre capital s’envole.

La stratégie de diversification (Portefeuille large)

La diversification consiste à répartir le risque sur 15 à 30 actifs ou plus.

  • Avantages : Vous lissez la volatilité. Vous avez plus de chances de « toucher » le projet qui fera une performance exceptionnelle.
  • Inconvénients : Il est impossible de suivre sérieusement plus de 20 projets sur le long terme. Vous finissez par détenir des actifs de mauvaise qualité qui tirent votre performance vers le bas. C’est ce qu’on appelle la corrélation : en période de baisse, presque toutes les altcoins chutent ensemble face au Bitcoin.

3. Le nombre idéal selon votre profil

Le nombre de cryptos que vous devez détenir est proportionnel au temps que vous pouvez consacrer à votre veille technologique.

Le profil « Bon père de famille » (2 à 4 cryptos)

Vous avez une vie professionnelle bien remplie et peu de temps à accorder aux écrans. Votre objectif est la croissance à long terme.

  • Composition type : 70 % Bitcoin, 20 % Ethereum, 10 % dans un « top 10 » solide (comme Solana ou une plateforme d’échange).

Le profil « Investisseur Actif » (5 à 12 cryptos)

Vous suivez l’actualité plusieurs fois par semaine. Vous comprenez les concepts de DeFi, de Layer 2 et de Web3.

  • Composition type : Une base solide de BTC/ETH, complétée par 3 ou 4 projets à moyenne capitalisation (Mid-caps) et 2 ou 3 paris plus risqués (Small-caps).

Le profil « Degenerate » ou Professionnel (15+ cryptos)

Vous passez vos journées sur la blockchain. Vous chassez les airdrops et les nouveaux protocoles.

  • Note : Même à ce niveau, la plupart des professionnels segmentent leur capital. Ils ont un « HODL bag » (portefeuille long terme) resserré et un « Degene bag » (portefeuille spéculatif) très diversifié.

4. La règle du 80/20 appliquée aux cryptomonnaies

Pour structurer votre portefeuille, je recommande souvent d’appliquer le principe de Pareto.

  • 80 % de votre capital doit être investi dans des « valeurs refuges » du secteur (Bitcoin et Ethereum). Ce sont vos piliers de sécurité.
  • 20 % de votre capital peut être réparti sur des altcoins plus volatiles pour aller chercher de la sur-performance.

Si vous avez 20 % de votre capital à répartir sur des altcoins, et que vous divisez cette somme par 20 jetons différents, chaque jeton ne représente que 1 % de votre investissement total. Est-ce vraiment utile de passer du temps à analyser un projet pour un impact aussi faible ? Probablement pas. Limiter le nombre de lignes force la sélection de qualité.


5. Les dangers de la sur-diversification (Diworsification)

Pourquoi vouloir posséder trop de cryptos est-il dangereux ?

  1. Les frais de transaction : Acheter, vendre et déplacer 50 jetons différents coûte cher en frais de réseau (Gas) et en commissions d’échange.
  2. La charge mentale : Chaque projet a ses réseaux sociaux, ses mises à jour de wallet, ses votes de gouvernance. Le risque d’oubli (perte de clés, migration de jetons non effectuée) augmente avec le nombre d’actifs.
  3. La dilution des gains : Si votre portefeuille est trop large, il finira par suivre exactement l’indice global du marché (comme le CMC 200), mais avec des frais de gestion beaucoup plus élevés qu’un simple tracker.

6. Comment élaguer son portefeuille ?

Si vous réalisez que vous avez trop de cryptomonnaies, voici la méthode pour « nettoyer » votre stratégie :

  1. Le test de la conviction : Pour chaque actif, demandez-vous : « Si ce jeton perdait 50 % demain, est-ce que j’en rachèterais avec enthousiasme ? ». Si la réponse est non, vendez.
  2. Le regroupement par secteur : Ne détenez pas 5 jetons de « Plateformes de contrats intelligents » différents. Choisissez le leader du secteur (ou celui en lequel vous croyez le plus) et consolidez votre position.
  3. La règle de la taille minimale : Décidez qu’une ligne ne peut pas représenter moins de 3 % ou 5 % de votre capital. Si vous n’êtes pas prêt à mettre au moins ce montant, c’est que le projet n’en vaut pas la peine.

FAQ : Optimiser la taille de son portefeuille crypto

Existe-t-il un nombre minimum de cryptos à détenir ?

Il n’y a pas de minimum absolu, mais détenir uniquement du Bitcoin (stratégie « maximaliste ») est une approche tout à fait viable et historiquement très performante. Pour quelqu’un qui souhaite un minimum de diversification, 2 ou 3 actifs (BTC, ETH et un « outsider ») constituent un excellent point de départ.

Est-il risqué de n’avoir qu’une seule cryptomonnaie ?

Le risque dépend de l’actif. N’avoir que du Bitcoin est considéré comme le risque le plus faible du secteur. En revanche, n’avoir qu’une seule altcoin à faible capitalisation est extrêmement risqué (risque de perte totale). La concentration ne doit être pratiquée que sur des actifs ayant une preuve de travail ou une adoption massive.

Quand faut-il ajouter une nouvelle cryptomonnaie à son portefeuille ?

N’ajoutez une nouvelle ligne que si elle apporte quelque chose de différent. Si vous avez déjà du Bitcoin et de l’Ethereum, ajouter un projet lié à l’Intelligence Artificielle ou aux actifs du monde réel (RWA) fait sens car vous diversifiez vos secteurs d’exposition. N’ajoutez pas un actif simplement parce qu’il « pompe » (hausse rapide).

Comment gérer les « poussières » de jetons (dust) ?

Sur de nombreuses plateformes comme Binance, vous pouvez convertir vos petites quantités de jetons restants en BNB. Pour vos portefeuilles privés, il est souvent préférable de laisser ces poussières plutôt que de payer des frais de réseau supérieurs à leur valeur pour les déplacer.

La diversification protège-t-elle vraiment en cas de Bear Market ?

En période de krach majeur, la corrélation entre les cryptomonnaies tend vers 1. Cela signifie que tout chute en même temps. La seule véritable diversification qui protège est la détention de stablecoins (USDT, USDC) ou le retour vers des actifs traditionnels (cash, or).